Remouiller et retendre le papier | Vagabond des Couleurs
Se rendre au contenu

Bienvenue !

Partageons et discutons ensemble autour de l'aquarelle !

Se connecter

Cette question a été signalée
Catherine
posté le à

Bonjour le forum,


Je viens glaner des conseils sur la façon de remouiller du papier qu'on a initialement mouillé globalement et l'effet ventouse qui marche très bien... Jusqu'à ce que ça sèche...

Parfois il faut faire sécher entre deux séquences de peinture. Et la le papier est tout gondolé. Il faut le remouiller entièrement parfois. 

Je voulais savoir si vous aviez des techniques malines, autres que celle de remouiller des deux côtés au pinceau, ça prend du temps pour que le papier se redéploie, on risque de déplacer sa première couche etc..., le dos est ensuite assez sale... Y'a peut être mieux comme technique ..


Merci du partage de vos astuces eventuelles

Avatar
Annuler

Thibault
posté le à

Bonjour Catherine,

Tout ça dépend beaucoup du papier. Mais avec les 100% coton de qualité, il est possible de sécher le recto tout en gardant le verso humide, et donc de peindre humide sur sec tout en gardant le papier collé par effet ventouse.

Remouiller le papier entièrement après une première couche est à mon avis risqué. Même avec les meilleurs 100% cotons, il y a le risque de bouger les pigments de la première couche. Ce n'est pas forcément visible de manière évidente quand on remouille, mais le risque de ternir, griser, la première couche est bien là. Certains papiers incrustent mieux les pigments que d'autres, comme le papier Arches, mais l'inconvénient direct est qu'il est impossible de faire des retraits propres.

Donc indépendamment de la technique utilisée pour fixer le papier, je déconseillerais de tout remouiller, à moins d'avoir fait une première couche très légère.

Si on attend plusieurs heures après avoir collé le papier par effet ventouse, le verso va complètement sécher et le papier va se décoller. Effectivement, il ne restera pas complètement plat, mais d'après mon expérience, il ne gondole pas non plus de manière dramatique, en tout cas pas pour des formats A4 - A3. Je n'ai pas de souci pour peindre des glacis ou des détails sur le papier décollé. A ce stade ça ne me dérange pas que la surface ne soit pas complètement plane, vu que je n'utilise pas trop d'eau. Le gros problème d'un papier qui gondole, c'est avant tout les cuvettes qui se forment, où les pigments s'accumulent.

Il est aussi possible d'aplanir un papier qui aurait gondolé au séchage en le remouillant doucement au spray (un spray fin type brumisateur) et en le plaçant ensuite entre des cartons sous presse. C'est notamment recommandé avant d'encadrer.

Je me demande si ça ne fonctionnerait pas de mettre l'aquarelle sous presse dès qu'on a séché le recto, alors que le verso est encore humide et donc que le papier adhère encore au plexi par effet ventouse. Ça permettrait peut-être de garder une aquarelle parfaitement plane. Je vais expérimenter.

Enfin, le dos sale et l'absence de bordures blanches sont des inconvénients inhérents à cette technique de fixer par effet ventouse, il faut les accepter. Ça donne une bonne raison pour encadrer 😉

La seule alternative est la méthode plus traditionnelle qui consiste à mouiller le papier puis le tendre avec du kraft gommé puis attendre une nuit que ça sèche, puis masquer les bordures. Une fois l'aquarelle terminée il faut alors l'extraire au cutter et racler le kraft (donc on perd de la surface).

Méthode

Avantages

Inconvénients

Adapté pour

Scotcher les bords à sec

Belles bordures blanches, surface parfaitement sèche au départ

Le papier gondole si on le mouille.

Un scotch pas assez fort risque de se décoller légèrement, les bordures seront alors salies.

Risque de déchirer la feuille en retirant le scotch.

Petits formats qui ne sont pas destinés à être encadrés, aquarelles en humide sur sec. Typiquement des cartes à offrir (où on veut de belles bordures propres et on vernit l'ensemble sans encadrer).

Mouiller recto/verso et fixer par effet ventouse

Très simple et rapide, on n'a pas à se soucier de trouver le scotch idéal.

Le papier ne gondole pas du tout tant que le verso reste humide.

Possibilité de sécher le recto en gardant le verso humide, mais demande un peu d'expérience. Si on peint une 2e couche en pensant que le recto est sec alors qu'il est encore légèrement humide, on risque de tout gâcher.

Le papier se décolle naturellement au séchage, pas de manip à faire.

Le papier est mouillé au départ, on ne peut pas vraiment peindre humide sur sec.

Pas de belles bordures blanches, verso sale.

Le papier se décolle au séchage, ce qui limite les possibilités de travailler en multiples couches humides.

Nécessite un support rigide parfaitement lisse.

Travail dans l'humide poussé dès la première couche, fondus, lavis riches.

Formats intermédiaires (A4 - A2) destinés à être encadrés.

Imbiber à cœur, tendre sur une planche avec du kraft gommé, attendre 12h de séchage complet

Papier parfaitement tendu, ne gondole pas.

Possible de protéger les bordures avec du ruban de masquage une fois le papier tendu et sec.

Permet de commencer à peindre sur papier sec.

Le papier reste tendu même après séchage, ce qui permet de faire des couches multiples.

Long et fastidieux à préparer. Ça induit un stress supplémentaire lors de l'exécution car si on se foire, on doit attendre longtemps avant de recommencer.

Perte de surface car on doit couper les bords pour extraire l'aquarelle.

Travail long et détaillé en plusieurs séances.

Très grands formats.

Artistes expérimentés.

Avatar
Annuler
Thibault
posté le à

Une démo complète de Viktoria Prischedko où elle fixe le papier par effet ventouse et assèche certaines zones au départ à l'aide d'un chiffon. Elle ajoute les détails au fur et à mesure que ça sèche. Le papier reste fixé durant tout le processus.

https://www.youtube.com/watch?v=Hy540qCoWAc


Avatar
Annuler
Catherine
posté le à
Auteur

Merci beaucoup pour cette  réponse plus que détaillée ;-)

En fait j'ai rarement le temps (ni l'envie d'ailleurs) de tout faire d'une traite. Pour certaines aquarelles, j'ai besoin de laisser sécher puis y revenir, soit pour de nouveau du mouillé sur mouillé, soit pour du mouillé sur sec.  je vais essayer de poser un livre la prochaine fois, quand le papier sera assez sec en surface mais pas encore gondolé par le séchage complet.

Sur des petits formats (18*26 c'est le max que je pratique, trop peur de plus grand 😬), et sans doute selon le papier, ça a beaucoup gondolé en séchant. 

En l'occurrence, sur ma dernière aquarelle, un sous-bois en plusieurs couches de mouillé, puis du sec, ça s'est assez bien passé en remouillant, mais sans doute pas aussi propre que si j'avais pas eu à aplanir le papier. 


Avatar
Annuler
Thibault
posté le à

Par curiosité, quel papier utilises-tu ?

Ca me donne envie de faire des tests plus poussés... Peut-être une vidéo dédiée 🙂

Avatar
Annuler
Catherine
posté le à
Auteur

Plein de papiers ! 🙃

Suis encore dans ma phase découverte.

Le dernier utilisé où j'ai fait deux mouillages complets (mon sous bois dans ma présentation) était du baohong superieur fin en 18*26... 

Je me dis que j'ai vais tester le repassage 😉

Avatar
Annuler
Colette
posté le à

@Thibault : Voilà qui s'appelle une réponse très détaillée et bien cartésienne concernant le mouillage du papier ... Quant à V. Prischedko c'est superbe mais... euh? réalisable ? : mais merci pour le lien....

Avatar
Annuler
Page 1/1