Donner du punch à une aquarelle ! | Vagabond des Couleurs
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La Cebra
posté le à

Bonjour Simouhé,

Il m'a fallu longtemps pour comprendre cette composante de l'art, et je ne suis même sûr d'avoir raison !

J'entendais dire qu'il fallait se contenter du minimum en art... et je me demandais bien pourquoi. Certains posent trois coups de pinceau et le premier venu déclare immédiatement "Ça, c'est un cerf dans la neige !" et c'est vrai. Le cerveau a besoin de quelques informations primitives pour fouiller dans sa base de données de souvenirs et retrouver de quoi il s'agissait. Et du coup il déclare "C'est vraiment magnifique !" Normal puisque cela conforte ses souvenirs (de jeunesse) à peu de frais, et donc son égo !!!  :)

Il faut s'appliquer à aider ce cerveau à s'y retrouver facilement, par instinct immédiat. Plus l'on met de détails, et hélas je le fais, plus on referme la fenêtre de liberté de l'observateur. Il doit se conformer à tout ce que l'on lui impose alors. On se flatte soi-même, c'est sûr, mais on aide pas l'observateur à retrouver ses chers souvenirs.

Picasso aurait dit : Il m'a fallu toute une vie pour savoir dessiner comme un enfant !

Personnellement, j'ai essayé de reprendre "Les cerfs nageant" de la grotte de Lascaux, avant de passer ensuite aux bisons d'Altamira en Espagne. Primitif me direz-vous !?  Eh bien je ne suis pas encore à la hauteur de ce qu'ils savaient à faire il y a 30.000 ans. Il faut que je me simplifie ? :) :) :)

Je souffre, donc je suis :) :) :) :)

A suivre, avec les différents premiers essais hésitants de Patrick de ses bâtiments. On attend tous cet autre très modeste challenge.

Et pourquoi pas nous y mettre tous aussi, juste sur cette petite partie, les bâtiments ! Pour rire. Après avoir rectifié un peu mes perspectives foireuses, j'en conviens :(

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Patrick
posté le à
Auteur

Bonjour tout le monde,

Intéressante et amusante proposition d'ouvrir à notre petite communauté ce challenge sur les bâtiments. J'essaierai juste de ne pas (trop) regarder vos propositions pour ne pas être influencé. 

L'idée de placer le cerveau de l'observateur dans une situation de reconstruction par le réalisateur de l'œuvre en le nourrissant d'un minimum d'informations me plait. Du respect strict de la perspective qui si j'ai bien compris ne laisse que peu de place à l'interprétation de l'observateur, aux trois coups de pinceau ouvrant grand la porte à l'imaginaire, il y a une sacré marge. Que voit l'autochtone d'une contrée sans cerf et encore moins de neige lorsqu'on lui montre ces tâches de couleurs ?

Je vais devoir chercher où positionner mes immeubles entre les lignes de fuite et la suggestion de leur forme par de simples masses colorées. ;-)

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La Cebra
posté le à

Bonjour Patrick, mais aussi aux autres lecteurs silencieux (mais parlez donc enfin ! :)

1 - On peut fixer une date au 31 janvier 2026 avant de publier quoi que se soit (ou rien) afin de ne pas polluer (cf. 1984) la démarche des autres, ne pas se comparer, ne pas hésiter... La contrainte, à accepter ensemble, ici, c'est que ces immeubles ne doivent être qu'un fond pour la scène de Patrick, pas l'objet principal de l'œuvre, sinon on va partir dans La Chapelle Sixtine. Tout le reste c'est tir libre ! A vous tous de dire ce que vous en pensez ?!

Jipes tu en es ?

2 - Situation de reconstruction : Sur le Chemin de Compostelle (total 6000 km au compteur) c'est une hôtesse de l'air qui m'a mis sur cette piste... Je lui lisais le soir des histoires d'amour utilisant moultes circonlocutions éthérée pour ne pas utiliser de mots précis. Au final, elle m'a simplement dit : "Tout ce que tu évoques de manière evanescente, sans le dire réellement, je suis obligée de l'imaginer, et c'est ce qui fait le plus de ravages en moi..." Je ne diserte pas sur la suite pour ne pas ennuyer le lecteur...

D'où une de mes perceptions de l'art : le minimum (et j'ai moi-même énormément de mal à ce sujet) oblige à inventer ce qui nous flatte émotionnellement. Dès que l'on s'applique à être précis c'est la porte ouverte au ratage d'un détail qui ruine tout, ou à l'inverse au Caravage (un peu plus dur à réussir :) :) :) :) !

3 - Je me répète, la perspective n'apporte rien, rien du tout ! Mais, si elle est ratée, ne serait-ce que d'un poil, elle attire l'œil, qui ne regarde plus que ça, et plus ce que tu souhaites mettre en avant. Une perspective correcte n'est peut-être qu'un simple caméléon : rien à voir ici.

4 - Un cerf dans la neige vu par un Bantou provoquera peut-être le commentaire suivant : C'est vraiment magnifique, C'est exactement ma belle-mère préparant un ragout de singe ! Ah bon !? Et tu ne vendras aucune toile :)

Ce serait bien que quelqu'un dise maintenant : Je ne suis pas d'accord, parce que...

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Myriam
posté le à

C’est vrai qu’une perspective loupée quand on a pas de style rend  nos aquarelles enfantines et l’oeil ne regarde que le defaut. Je parle pour moi.

Mais nous avons quelques peintres célèbres : - Le Douanier Rousseau, art naïf


 - Paul Cezanne - Van Gogh......qui maltraitaient volontairement la  perspective et notre  l’oeil et cerveau s’en rejouissent. (Et bien d’autres)


Vivement que j’ai un style pour m’amuser avec la perspecrive. A bientôt 



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La Cebra
posté le à

@Patrick : " Du respect strict de la perspective qui si j'ai bien compris ne laisse que peu de place à l'interprétation de l'observateur, aux trois coups de pinceau ouvrant grand la porte à l'imaginaire, il y a une sacré marge. "

Peut-être faudrait-il plutôt dire "Trois coups de cuillère à pot" ? :)

Les perspectives ci-dessous sont rigoureuses, la peinture minimaliste... Cela évoque t'il quelque chose dans l'imaginaire ?

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La Cebra
posté le à

Je reprends…

C’est typiquement un fond de scène, un arrière-plan, qui ne se remarque pas trop.

·       La perspective est passe-muraille, on évite l’effet spaghetti bolonaise sur un T-shirt blanc 😊

·       Les teintes n’attirent pas l’œil (sépia).

·       Il n’y a pas de gros contrastes en termes de valeurs.

Cela me fait penser aux temples protestants dans leur austérité, face aux églises catholiques du côté de Nice (néanmoins admirables, il faut le reconnaitre). Je ne parle que d'architecture religieuse, pas d'autre chose (sinon 1984 va surgir au galop en trouvant de nouveau à censurer ☹ )

Cette scène évoque parfaitement l’environnement souhaité, mais elle est « glaciale ». Il n’y a pas de sujet principal au premier-plan ! Le mendiant de Patrick n’y serait pas à sa place, ni une baraque à frite, ni une soucoupe volante non plus d’ailleurs, mais une chèvre allaitante avec ses deux chevreaux irait mieux, avec des couleurs plus vives cette fois.

Je me dis que les bâtiments de la scène de Patrick pourraient être du même tonneau : perspective correcte, teintes qui n’attirent pas l’œil (sans fenêtres multicolores qui interrogent le regard – je ne veux pas te fâcher ici Patrick 😊 😊 😊).

Donnez ici votre idée de la chose !

Dans le micro challenge interne à cette discussion, nous ne parlons pour l’instant que de l’arrière-plan…

Je vais continuer avec un élément complémentaire, ci-après.

 

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La Cebra
posté le à

(suite)

Comment dynamiser incognito une aquarelle ?

 

1 - Habituellement je laissais/nous laissons une marge vierge de quelques mm autour de la peinture pour scotcher le papier au support. Là, je vais plus loin. Je laisse des marges importantes autour pour attirer le regard dans un entonnoir ! Et ça marche ! L’observateur se laisse entrainer sans comprendre quand et comment.

Dans cet exemple je « sacrifie » donc 40 % de la surface de la feuille à cette fin. Au prix du papier coton c’est vraiment un sacrifice !

 

2 - De plus, je cadre la surface peinte dans un rectangle d’or : le rapport entre la largeur et la hauteur est de ϕ = 1.618

Pour les amateurs du genre uniquement : (l + h) / l = l / h     (l : largeur, et h : hauteur)

 

3 – Ce qui ne marche pas : c’est d’utiliser un adhésif jaune (sur la photo). Avec les lavis celui-ci se décolle, la peinture s’infiltre en dessous, et le résultat est franchement gâché.

Je suis passé à l’adhésif bleu 3M 2090, sur les conseils de Pablo Rubén López Sanz (ils ont des noms d’un km ici). Cet adhésif, professionnel, résiste à l’eau, aux UV, pour les travaux d’extérieur. Le prix est à la hauteur aussi ☹

Il faut quand même s’appliquer sérieusement lors de la pose (en bas à droite de la peinture j’ai merdoyé visiblement…) Il faut commencer par poser les bandes les plus exposées à l’eau – en bas – puis les côtés… De plus il faut écraser la ligne de front, les bords de recouvrement, avec un objet dur, l’ongle ou autre, pour colmater le moindre interstice. Les détails comptent...

 

4 - Ici, c’est aussi un fond de scène qui reste neutre tout en amenant implicitement l’environnement de la scène.

J’ai été tenté d’y mettre, en sujet principal, une sirène floutée, ça ne marche pas dans ma tête : la sirène est fantaisie, les vagues sont dramatiques. Un requin était possible, mais je suis allé chercher encore autre chose, de plus convainquant. Encore quelques semaines/mois, pour y arriver ☹ A suivre…

 

Papier Arches torchon 300g - Format 46 x 61 cm – Terre de Lune PBk 11 Daniel Smith

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La Cebra
posté le à

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fneck
posté le à

Je ne retrouve pas dans quel livre j'ai lu ceci mais voici en gros ce que j'ai retenu:
"La perspective doit être juste et non pas exacte"... 

Ce qui pour l'auteur voulait dire que toutes les lignes de fuites d'un objet, par exemple un immeuble, doivent aller à peu près vers le même point de fuite mais pas forcément non plus tracées à la règle. Le meilleur exemple pour illustrer ceci est de regarder ce que font les Ubran Sketchers (croqueur de rue), aucun trait n'est tracé à la règle mais l'ensemble est tout à fait compréhensible.

Je n'ai pas trop compris l'histoire du challenge qui est proposé ?

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La Cebra
posté le à

Bonjour fneck,

Je suis d'accord.

J'utilise la règle par facilité :)


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